Isère Sourire : La Voix est Livre

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Oreiller d'herbes

Natsume Soseki n'en finit pas de faire parler de lui dans les universités. Ses haïkus ont fait sa réputation mais pas seulement. Après Je suis un chat qui avait révolutionné son époque, le poète japonais s'est livré à un charmant exercice littéraire avec Oreiller d'herbes où on suit son cheminement tant intellectuel qu'artistique à travers un narrateur artiste peintre en quête de spiritualité à travers le spectacle immuable et à la fois éphémère et évanescent de la nature. Un tout pour un japonais ? Absolument ! et Soseki en avait fait la meilleure démonstration à travers cette oeuvre à la fois sensible et esthétique où tout transparaît en filigrane et où des pinceaux du peintre (qu'il n'utilisera d'ailleurs pas une seule fois au cours de sa retraite dans la montagne) coulent les couleurs des saisons mais aussi les parfums et les bruits. Un joli classique qui nous rappelle que les japonais cultivent avant tout l'art pour l'art et savent en faire un objet d'étude pour le seul plaisir de séduire et de contempler les paysages autour d'eux. Qu'est-ce que l'homme dans l'univers ? demandait le janséniste Blaise Pascal à ses pairs au 17ème siècle, "Carpe diem" ont répondu beaucoup d'autres bien avant et après lui. Soseki ne tranche pas entre ces deux propositions mais les combine habilement dans Oreiller d'herbes pour se contenter de dire uniquement la beauté du monde mais aussi la beauté des émotions qu'elle peut faire naître chez qui saura la regarder.

A lire pour apprendre à voir ce qui se cache derrière le monde sensible.

 

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07/10/2016
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